AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT Ce blog a pour raison d'être de rééquilibrer la problématique de l'affaire de Nantes, et de remettre à l'honneur la présomption d'innocence.

Il s'adresse en particulier à tous ceux et celles qui restent meurtris, et qui ne renoncent pas à comprendre.

En tant que partie civile, nous avons pu constater dans le dossier que les informations qui ont fuité dans les médias provenaient d’une sélection d'éléments à charge, pour une raison que nous ne nous expliquons pas. Alors qu'il existe pourtant quantité d'éléments à décharge dont l'importance est minimisée.

Pour résumer notre position [...] Réfléchir autrement.

Bertram et Christine de Verdun (sœur de Xavier)

dimanche 26 août 2012

« Chaux vive »



Mis à jour le 23 février 2013


La culture du navet  -  Eviter les terrasses ombragées et l'amendement à la chaux


Nous avons lu le roman de l'été (*). Que l'on nous permette, en tant que famille directement affectée par l'affaire de Nantes, quelques réflexions - qui là encore ne prétendent pas être exhaustives. Ni ne prétendent relever l'impudeur de cet ouvrage, qui fait fi du respect élémentaire dû à toutes les personnes concernées, aux familles et aux proches en particulier. Irrespect qui paradoxalement vient encore à l'appui de nos vues : en cas de réel drame familial, se permettrait-on de badiner avec un tel sujet ? De remuer le fer dans la plaie ?

Nous nous contenterons donc d'un rapide survol, le scénario du roman ne faisant que démontrer l'incohérence de l'hypothèse d'un même drame à Nantes. Il en est, à nos yeux, la démonstration par l'absurde. Brillante.

Il est amusant de constater la façon dont l'auteur esquive toutes les difficultés une à une, en modifiant une à une toutes les données de la problématique de Nantes. Chaque élément subit à tour de rôle sa petite distorsion, de façon à mettre sur pied un scénario de drame familial qui tienne peu ou prou... Car même avec cette réécriture expurgée de toutes les difficultés majeures, le scénario demeure invinciblement bancal : que deviendra le fugitif, une fois passée la frontière espagnole ? Suicide ou cavale ?

De quels appuis va-t-il bénéficier pour refaire sa vie ? Autant de réponses qui restent dans le brouillard... Et pour cause. Il est à remarquer que les quatre enfants disparus, sont devenus seulement deux enfants ; ce ne sont plus deux jeunes adultes et deux adolescents, plein de vie, mais bien deux enfants en bas âge - bien plus faciles à déplacer, à dissimuler... Encore a-t-il fallu de la préméditation, afin d'avoir le prétexte peu crédible, de l'archéologie, pour avoir une raison de creuser les fosses... et d'embaucher de la main d'œuvre, sans scrupules. Il ne s'agit plus non plus de deux labradors adultes, mais d'un seul chien - ce qui là encore divise le travail par deux, et donc le temps nécessaire également.

Avec des Si, on met Paris dans une bouteille, dit-on : joli tour de passe-passe. Moitié moins de travail, et deux paires de bras pour creuser... car de toute évidence l'opération dépasse les capacités d'un seul homme (là, en revanche, l'on recoupe l'avis de la police même, selon laquelle le creusement des fosses à Nantes fut le travail de plusieurs personnes ; un petit commando…). L'histoire se passe à Bordeaux, puis dans les Pyrénées, question de pouvoir passer la frontière rapidement...

Les lettres adressées aux proches, ne sont pas postées, on ne les retrouve que par la suite - tandis que les vacances de Noël ont permis de masquer un temps la disparition de la famille, le temps des vacances. Ce qui change aussi intégralement la donne... Par ailleurs, rien ne manque dans la maison bordelaise, ni vêtements, ni photos, ni cadres, ni ordinateurs... mais les lits ont été retirés - contrairement à la maison nantaise. Où c'est tout l'inverse. Et le pervers se garde bien d'acheter la chaux lui-même, il se fait servir par un être faible qu'il exploite, qu'il implique encore ici en lui suggérant de faire un chèque, et ce toujours sans aucun scrupule. Avec sadisme.

Cet anti-héros est un être peu fiable, sans parole, théâtral, phraseur, friand de mondanités - égocentrique pour tout dire. Sa personnalité là encore, est aux antipodes de celle de Xavier - auquel l'auteur dit faire référence en toute liberté... À tel point que pas un proche ne peut accorder foi à la lettre de départ, laissée par le pervers. Ils ne peuvent l'accréditer aucunement, du fait du manque de fiabilité du personnage.

Là encore, ceci est en totale opposition avec les faits, tout naturellement, puisqu'il s'agit d'un roman... Le plagiat de la lettre de Xavier et Agnès n'est pas loin. L'auteur pense sans doute se couvrir en en donnant une version de parodie, en modifiant soigneusement quelques mots... Triste procédé, qui ne peut laisser indifférents ceux qui connaissent bien Xavier, sa serviabilité, sa délicatesse, son souci d'autrui, en un mot son caractère aux antipodes du pervers. Et qui ont accordé du crédit à sa lettre de départ en famille, car cohérente avec son caractère, avec ses activités et les obscurités du passé, que cette lettre éclaire d'un jour nouveau. Ceci renforcé par les renseignements pris alors : cette lettre n'avait rien d'impossible. Ni d'extravagant. Et elle demeure toujours aussi crédible, à cette heure, notamment au vu du dossier d'instruction.

Pour quelle raison, dès lors, la dénigrer ainsi ? La question demeure.

Est-il utile de relever que dans le roman, l'activité professionnelle de l'anti-héros n'existe qu'à l'état de projet : ce « vampire affectif » (**) abuse de la naïveté d'un jeune étudiant sans le sou, et l'exploite. Encore une fois, rigoureusement aux antipodes de la réalité dont l'auteur dit s'inspirer.

Pourquoi une telle satire, aussi systématique, aussi outrancière ? C'est la question de fond qui s'impose au lecteur.

Pourquoi produire un tel ouvrage : seulement pour le plaisir ? Pour l'appât du gain ? Pour la gloire ?





* "Chaux vive", Xavier Patier, éditions de la Table Ronde, août 2012.

** « vampire affectif », selon la terminologie d'Albert Bernstein.