AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT Ce blog a pour raison d'être de rééquilibrer la problématique de l'affaire de Nantes, et de remettre à l'honneur la présomption d'innocence.

Il s'adresse en particulier à tous ceux et celles qui restent meurtris, et qui ne renoncent pas à comprendre.

En tant que partie civile, nous avons pu constater dans le dossier que les informations qui ont fuité dans les médias provenaient d’une sélection d'éléments à charge, pour une raison que nous ne nous expliquons pas. Alors qu'il existe pourtant quantité d'éléments à décharge dont l'importance est minimisée.

Pour résumer notre position [...] Réfléchir autrement.

Bertram et Christine de Verdun (sœur de Xavier)

jeudi 29 novembre 2012

Monsieur Dupont peut-il être un infiltré des stups américains ?


mis à jour le 6 avril 2013


Dans [sa] lettre […] à une dizaine d’amis et membres de sa famille, [Xavier] affirme que lui, sa femme et ses enfants ont dû partir précipitamment […] : il explique avoir aidé la Drug Enforcement Agency (DEA), sorte de brigade des stupéfiants américaine, avoir recueilli [des] informations, [devoir] témoigner dans un procès contre de hauts trafiquants de drogue aux Etats-Unis ; et avoir été menacé à cause de cela au point d’être engagé dans le «programme fédéral de protection des témoins» américain.


Photo: Spy vs Spy, Tony the Misfit via Flickr - CC licence by

[…] 

Mais qu’en est-il de la théorie que la lettre développe ? Un Français peut-il devenir un agent infiltré de la brigade des stups américaines ? De là partir témoigner à un procès aux Etats-Unis ? Et pour cela être enrôlé dans le Witsec, le programme de protection des témoins américain? Le tout en ayant le droit d’écrire une lettre à une dizaine de proches leur racontant tout ça ? 

Xavier et Agnès n'avaient pas le choix : ils devaient prévenir leurs amis nantais, avec un jour d'avance, sous peine de les inquiéter, et qu'ils alertent la police, déclenchant des recherches gênant l'exfiltration. Sachant que Xavier précise bien écrire "sous contrôle" : sa lettre est biaisée par précaution.

Une source confidentielle, oui, un agent infiltré, non 


Dans la lettre (PDF), [...] Xavier Dupont de Ligonnès affirme qu’en 2003, il a été mis en contact avec la DEA, «avec des antennes dans plusieurs pays, qui cherchait un Français pouvant être infiltré dans le milieu des discothèques françaises, pour collecter des informations sur les réseaux de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, sans attirer l’attention». 

La DEA est bien présente à l’étranger, avec 83 bureaux dans 63 pays, dont la France. Et l’agence a tout à fait le droit et la capacité de travailler avec des informateurs étrangers dans ces différents pays, tant que les autorités locales sont strictement tenues au courant. 

Elle collabore avec son équivalent étranger, et des organisations internationales ou européennes, comme Europol et Interpol, sont également là pour promouvoir la coopération policière entre différents pays. 

Mais Xavier Dupont de Ligonnès ne peut pas être un «infiltré», car les infiltrés de la DEA sont des citoyens américains, agents de l’organisation, qui ont été engagés et ont suivi 17 semaines de cours intensifs à Quantico, en Virginie occidentale, dans le même centre d’entraînement que le FBI. 

Les agents y suivent des cours de droit, apprennent à mener des raids, à conduire sans se faire repérer, et on leur enseigne également des techniques d’infiltration. Ils choisissent ensuite de se spécialiser dans un domaine, et commencent leur travail dans un bureau américain (ils ne peuvent pas partir à l’étranger tout de suite). 

Contrairement à ce que l’on voit dans les films, les agents infiltrés ne restent pas sous couverture de manière continue pendant des mois. La version de Xavier de Ligonnès, travaillant pendant des mois dans le milieu des boîtes de nuit n’est donc pas réaliste [revoir supra]. Dans la «vraie vie», les infiltrés ne jouent leur rôle qu’à trois ou quatre occasions précises, après avoir été «présentés» par un informateur. 

De plus, un agent infiltré ne peut pas être un civil. En tant que civil et français, Xavier Dupont de Ligonnès aurait pu être une source confidentielle, également appelé «informateur» ou «aviseur». Mais là encore, il ne colle pas au profil type [il n’existe aucun profil type, par définition] : la plupart du temps, ce sont les sources confidentielles qui contactent la DEA, et pas le contraire [il y a donc des exceptions, et rien n’indique que Xavier n’ait pas posé de lui-même une candidature]. 

Ces gens veulent devenir des informateurs parce qu’ils ont besoin d’argent, parce qu’ils veulent se venger de quelqu’un ou d’une organisation, ou parce qu’ils veulent obtenir une réduction de peine.

Dans sa lettre, [...] Ligonnès explique qu’il s’est mis à travailler pour la DEA «après avoir été testé et briefé» et «avec obligation de garder le secret (même, et surtout, vis-à-vis des enfants.)», précisant que cela lui permettait «d’arrondir nos fins de mois (officieusement)».

Les sources confidentielles sont bien briefées et débriefées régulièrement, (et si la source vit en France, la brigade des stups françaises sera au courant voire sera là pour les différentes sessions). Avant d’inscrire une personne comme source confidentielle – elle devient alors simplement un numéro, son identité n’étant connue que de l’agent qui la gère – la DEA vérifie ses antécédents. En guise de «test», l’agence peut par exemple interroger quelqu’un sur son casier judiciaire, puis le vérifier. Si la personne a menti, elle ne sera probablement pas une bonne source.

Xavier a un casier judiciaire vierge, et est, pour ceux qui le connaissent, un homme de parole.

L’agence peut aussi faire passer quelqu’un au détecteur de mensonge, mais cela arrive rarement. Il n’est d’ailleurs pas rare que les services de renseignement refusent l’aide d’une source confidentielle, parce qu’elles ne sont pas sûres de sa fiabilité.

Xavier est quelqu’un de fiable, selon tous ses proches et amis.

Les sources confidentielles peuvent tout à fait dévoiler leur occupation à leur famille. Le moins de gens sont au courant, le mieux c’est, mais l’agence préfère par exemple qu’un informateur prévienne sa femme plutôt que celle-ci pense qu’il la trompe quand il est en fait en train d’aider le DEA. Même chose pour les agents infiltrés : leurs époux et épouses savent qu’ils sont agents infiltrés, mais pas les détails des opérations auxquelles ils vont participer.

Nous avons tout lieu de penser qu’Agnès était au courant. D’où ses inquiétudes pour Xavier, exprimées de façon biaisées au fil des années. Par exemple : 
· Le mythe de l’héritage dilapidé (voyage familial de plusieurs mois aux Etats-Unis, à plusieurs reprises, train de vie relativement confortable de la famille, etc... Et ce toujours d'un commun accord) ;
· Le mythe de la belle-mère gourou (Agnès répétait et amplifiait les rumeurs familiales, mais acceptait de bon gré l’aide de sa belle-mère, et il n’y avait aucun différend déclaré entre elles) ;
En réalité, Agnès craignait bien autre chose, pour Xavier, en plus de la précarité de sa situation professionnelle : ce qu’elle a fini par confier, plus ou moins explicitement, aux quelques amies auxquelles elle a parlé de menaces.

Quant à «arrondir ses fins de mois», il y a très peu de chances qu’un informateur soit payé de manière régulière : les sources confidentielles sont payées pour les informations qu’elles rapportent. Si elles n’en rapportent pas, elles ne sont pas payées, et elles sont payées après coup, en fonction de la qualité de l’information.

D’où le caractère aléatoire du gain, et les difficultés financières que l’on sait.

En revanche, une source pourrait être payée tous les mois dans le cas, rare, où elle devrait se déplacer dans une nouvelle ville et payer le loyer d’un nouvel appartement et l’essence de sa voiture.

D’après la DEA, rien ne serait «officieux» puisque, si l’argent est normalement fourni en cash, il est déclaré par l’agence et imposable.

Autrement dit la transparence serait totale ? … Hum !

Un témoin protégé oui, mais pas par le «Witsec» 


La lettre explique ensuite qu’avec toutes les informations collectées, Xavier Dupont de Ligonnès est devenu «un témoin essentiel dans un futur procès impliquant des hauts responsables du trafic de drogue international», procès devant se tenir aux Etats-Unis à une date indéterminée. Et que, comme il a été «repéré», il a été engagé dans le «programme fédéral de protection des témoins», d’où son départ précipité aux Etats-Unis.

La DEA peut en effet demander à ce qu’une personne soit intégrée dans le Witsec, le programme fédéral de protection des témoins, même si c’est à l’agence de police fédérale des Marshals, en charge du programme, de prendre la décision finale.

Et, oui, si un non-Américain faisait partie du programme (ce qui est rare, mais possible, et est déjà arrivé avec des Colombiens par exemple), il serait probablement protégé aux Etats-Unis. Le DEA devrait faire entrer l’individu aux Etats-Unis sous son vrai nom et avec un visa en bonne et due forme, avant de pouvoir l’inclure dans le Witsec et changer son identité.

Mais de toute façon, une personne ne peut faire partie du Witsec avant son témoignage: le programme ne protège que les gens qui ont déjà témoigné lors d’un procès et dont la vie est sérieusement menacée après ce procès.

Une source confidentielle peut être amenée à témoigner lors d’un procès, si elle l’accepte, ce qui signifie qu’elle perd son anonymat et peut potentiellement mettre sa vie en jeu. Avant le procès et son témoignage, elle peut alors être protégée par des agents de la DEA ou d’une autre force de police, qui la cacheront elle et sa famille dans une chambre d’hôtel en leur interdisant toute communication vers l’extérieur, mais pas par le Witsec.

Plus de Facebook...

Dans tous les cas, un individu peut décider de ne pas bénéficier de la protection du Witsec, ou d’arrêter d’en bénéficier.

L’arrêt de toutes les communications (y compris cette lettre !) 


Revoir supra. Cette lettre est envoyée avant l'exfiltration.

[...] Xavier Dupont de Ligonnès affirme que son courrier «est le seul autorisé [...] et il est écrit sous contrôle». Il précise que le Witsec signifie l’arrêt immédiat de toutes communications électroniques, avec interdiction de Facebook et autres, un départ soudain et précipité en grand secret sans avoir pu tout régler. Et affirme qu’au bout d’un certain temps, la famille aura le droit de transmettre des courriers à une personne de la famille, qui les communiquera au reste.

Encore une fois, cette version n’est pas «réaliste» [revoir supra]. En rentrant dans le Witsec, les témoins protégés «disparaissent» de la surface de la Terre [« nous n'existerons plus en tant que français »] : ils n’ont plus le droit de communiquer avec leur ancienne vie, ni par lettre, ni par email. Rien, même pas un «courrier autorisé écrit sous contrôle». Et si un protégé communiquait avec sa famille ou ses amis, il pourrait tout simplement être abandonné par le programme.


D'après l'article de SLATE – Publié le 06 mai 2011
Par Margherita Nasi et Cécile Dehesdin

L’explication remercie Patrick Espagnol, délégué national à la lutte contre le trafic de drogue, 
et Michael Sanders, de la Drug Enforcement Agency.


CONCLUSION 


Article passionnant. 

Aurait-on dû s'attendre, de la part de la DEA (comme de tout autre service de police), à une réponse affirmative ? 
(Du style : "Monsieur Dupont est bien des nôtres, et ils sont tous cachés à tel endroit..." )

Un français lambda, Monsieur Dupont (...de Ligonnès en l'occurrence), peut parfaitement : 
  • devenir une source confidentielle, rémunérée de façon aléatoire, 
  • se retrouver en possession d’informations compromettantes pour certains, 
  • et de ce fait recevoir de lourdes menaces, nécessitant son exfiltration en famille, assurée par l’U.S. Marshals, à la demande la DEA. Celle-ci étant bien présente en France. 

Sachant : 
  • qu’il n’y a justement pas de profil type pour être informateur, ou source confidentielle ; 
  • qu’il faut être jugé fiable par les services compétents, être prêt à tout quitter du jour au lendemain : avoir de la force de caractère, ce dont Xavier, et Agnès aussi, ont toujours fait preuve dans les situations graves. Expatriation que Xavier comme Agnès avait envisagée de longue date, ayant posé dans le passé des jalons pour s’installer définitivement outre-Atlantique, et changer de style de vie radicalement. 

En conséquence, les éléments de cet article ne font que confirmer la lettre de Xavier et Agnès.





mardi 27 novembre 2012

Petits camouflages familiaux…




… en faisceau, destinés à masquer les préparatifs de départ en famille (liste non exhaustive). A situation extraordinaire, mesures extraordinaires également ; non ?

  • Le weekend du 2 au 3 avril, Arthur annonce à plusieurs personnes, ne pas être disponible en raison d’une réunion de famille (sic), qui se prolonge le dimanche soir. Pour une soirée cinéma et restaurant en famille, la formulation est exagérée ; elle cache quelque chose.
  • Le dimanche 3 avril, avant de repartir pour Angers, Thomas prétexte que son père se repose : à la mère d'une amie qu'il devait voir pour une commission, il demande de ne pas sonner ; elle ne rentre pas dans la maison et ils se rencontrent donc dans la rue, sur le trottoir.
  • Ce même jour, Anne répond au téléphone et prétexte que ses parents sont partis en weekend, alors qu’ils sont bien là tous les deux. 
  • Le 4 avril, Arthur envoie une lettre de démission manuscrite à son employeur,  dans laquelle il explique qu'il ne viendra plus travailler car il part avec sa famille pour l'Australie.
  • Le 5 avril, Xavier va prétexter un accident de vélo d’Agnès, avec un « petit coma », que Thomas, rentré chez lui, ne démentira pas auprès de ses amis. Or Agnès n’a rien : elle répond à un sms de Thomas (si c’était Xavier, il se serait bien gardé de répondre puisqu’elle est censée être inconsciente ! D’ailleurs il est en conversion téléphonique à ce moment précis), et elle sera vue devant chez elle, dans l’après-midi du 7 avril
  • Le 6 avril, Emmanuel, ami d'enfance de Xavier, reçoit un sms laconique en provenance du téléphone de Xavier, mais dont il ne reconnaît pas le style : sms probablement écrit par Agnès, en bonne collaboratrice.
  • Le 8 avril après-midi Agnès va à son tour prétexter qu’Arthur s’est absenté pour un déménagement à Versailles, et qu’il a oublié son chargeur, afin d’expliquer son absence à ses amis. 
  • Cette même semaine Agnès prétexte parallèlement un accident de scooter auprès d'autres personnes pour justifier l'absence prolongée d'Arthur.
  • Sans compter l'affichette confectionnée par Agnès et fixée sur la porte d'entrée en milieu de semaine, prétextant qu'ils soient tous malades - avec un smiley...
  • A trois reprises, c'est la même excuse qui est avancée pour expliquer le silence radio : problème de batterie ou de chargeur oublié. Deux destinataires ne reconnaissent pas le style de Xavier ni de Thomas, dans les messages censés être écrits par eux ; en revanche le troisième reconnaît bien le style d'Agnès. Ce qui est dans la logique d'une répartition des tâches entre Xavier et Agnès, dans les conditions de leur départ précipité.
  • Le 11 avril l'on s'aperçoit que la messagerie d'Anne a été modifiée et que c'est Agnès qui a enregistré le message d'accueil, avec une voix "toute guillerette" (sic).




Conclusion :

Nous sommes en présence d’une série de petits mensonges familiaux, destinés à donner le change et tenir les amis éloignés, de façon à pouvoir mener à bien les différents points à régler, en secret et sans grande marge de manœuvre – dans la discrétion.

Si Agnès se fait passer pour Xavier ou les enfants, par sms, et si les profils Facebook de ces derniers sont silencieux depuis le début de la semaine, c’est simplement parce que les enfants sont déjà partis, et qu’ils n’y ont plus d’accès, par mesure de prudence.

Selon Le Parisien du 22 avril 2011, « le gérant d'un café situé à proximité de la maison [...] a relaté avoir aperçu [...] Agnès Dupont de Ligonnès, accompagnée de Benoît et d'Anne, les deux plus jeunes enfants du couple, monter dans une Golf cabriolet avant de partir dans une direction ignorée ».

Selon le hors-série du Parisien, Février-Mars 2013, page 10, « un voisin se souvient avoir vu dans l'après-midi Agnès [...] avec sa fille et les chiens, puis Xavier, le jeudi 7 avril dans l'après-midi, en short, T-shirt et chaussures bateaux, en train de faire des allers et retours entre la maison et sa voiture, garée de l'autre côté de la rue pour la charger de gros cabas de supermarché ».

...Facebook et les téléphones portables ne sont pas non plus des appareils d’ « occimétrie ».

Bien sûr, il est toujours possible de nier ces différentes données, convergentes là encore : elles n’en existent pas moins. Et ne font qu’étayer la lettre de départ.

Mis à jour le 23 février 2013


Voir aussi la CHRONOLOGIE succincte.


lundi 26 novembre 2012

Gags...


Un article amusant, signé Damien Delseny et Thibault Raisse, est paru le dimanche 25 novembre dans Le Parisien. 

De nouvelles recherches devraient être lancées autour de Roquebrune, Draguignan et Lorgues, mais, selon cet article du Parisien « le littoral, lui, devrait être exclu, plusieurs proches ayant insisté sur la phobie de l’eau du meurtrier présumé »… 

Il paraît maintenant que Xavier aurait la phobie de l’eau… (Voudrait-on faire là une allusion au symptôme de la rage ? Voilà en tout cas un mobile qui n’avait pas encore été envisagé jusqu'à présent !)




Le dernier paragraphe ne nous laisse pas moins songeurs : 

« Pourtant, un élément continue de troubler les enquêteurs : les bijoux de valeur que possédait son épouse, Agnès, ont mystérieusement disparu. « La famille les a réclamés, et l’on s’est aperçu qu’ils étaient manquants », relève une source judiciaire. Un butin qui aurait pu permettre à Xavier de Ligonnès de financer, un temps au moins, une éventuelle cavale. Les policiers ont ainsi fait le tour des revendeurs d’or de la région nantaise pour vérifier que le suspect insaisissable n’a pas échangé les précieux métaux contre de l’argent liquide. Nouvel échec, mais cette découverte laisse ouverte la thèse d’une fuite. D’autant qu’à ce jour une analyse poussée de ses comptes bancaires sur plusieurs années n’a pas permis de révéler l’existence d’une réserve de fonds cachée. » 

Chacun des proches connaît l’histoire de la disparition des bijoux d’Agnès, remontant à 2005… 

Encore une baudruche… Et décidément, les sources judiciaires et enquêteurs ont bon dos.

Jusques à quand ?


vendredi 9 novembre 2012

Témoignage d’Emmanuel, ami d’enfance.




Après la mère et la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès, c'est au tour de son meilleur ami, Emmanuel, de faire part de ses doutes en soulevant les nombreuses zones d'ombre de l'enquête. 

Cette semaine [début octobre 2011], la mère et la sœur du suspect numéro un ont à nouveau clamé son innocence. Dans le dossier d’instruction, elles ont découvert qu’Agnès avait confié à des amies que sa famille faisait l’objet de lourdes menaces

Ce dimanche [15 octobre 2011], un nouveau témoignage vient remettre en cause la thèse privilégiée par la justice. Emmanuel, le meilleur ami de l’homme "le plus recherché de France" a confié ses doutes au "Journal du dimanche" : « Tout le monde évoque deux hypothèses: cavale ou suicide. Je ne vais pas jusqu’à affirmer qu’il est innocent, mais j’ai de gros doutes. Si on en revient à la lettre qu’il m’a envoyée, il disait travailler pour la DEA (Drug Enforcement Administration), une sorte de brigade des stups américaine. Après tout, la DEA existe, les exfiltrations aussi ». 

« Quand je l’ai reçue le 9 avril, cela a été une tornade. Je l’ai lue, relue, je n’en revenais pas. Je suis allé voir chez lui. Tout le monde avait disparu. Il y avait un Post-it, avec les clés de la cave. Je n’ai pas reconnu l’écriture de Xavier. J’y suis descendu, la peur au ventre. Mais je n’ai rien vu d’alarmant. Comme cela accréditait la thèse de l’exfiltration, je n’ai pas prévenu la police. J’ai pris les papiers administratifs comme me le demandait la lettre : résiliation du bail, du contrat de téléphone… J’ai posé cela chez moi. » 

Ce quinquagénaire considérait Xavier comme son frère. Il le connaissait depuis trente-sept ans, fut son témoin de mariage et est le parrain de son fils Thomas. Emmanuel démonte un à un les principaux indices qui accusent son ami : « Si Xavier s’est inscrit aux cours de tir, c’est parce que j’y allais moi-même, assure-t-il. Il avait hérité du 22 long rifle de son père. C’était un bon tireur. Mais cela n’a rien à voir. Pour tirer à bout portant, nul besoin de prendre des cours. Quant au silencieux, Xavier avait aménagé un terrain de tir dans son jardin, et il ne voulait pas déranger les voisins. Concernant la chaux, comme le souligne sa sœur, il en a acheté 40 kilos, cela ne suffit pas pour faire disparaître cinq corps et deux chiens. » 

Emmanuel se demande aussi comment le père de famille aurait pu faire cela tout seul. « Je connais bien sa maison. Les fosses étaient situées sous une terrasse qui doit faire 1,10 mètre de hauteur. Pour creuser, il fallait être courbé en deux. Or Xavier avait en permanence mal aux lombaires, note-t-il. Quand il prenait la route, il était obligé de mettre un coussin. » 

Selon lui, les problèmes financiers de la famille ne peuvent pas non plus constituer un mobile. « Ses problèmes d’argent ne dataient pas d’hier. Je l’ai aidé financièrement à plusieurs reprises, en lui prêtant jusqu’à 5000 euros, raconte-t-il. Mais il me remboursait. Xavier s’est toujours occupé de sa famille, il était très proche de ses enfants. On ne tue pas les siens quand on a des gens autour, capables de vous aider. » 

Pour ce qui est de la découverte d'une maîtresse que Xavier aurait menacée [rumeur journalistique : la lettre, nous avons pu le vérifier, ne contient pas de menaces], Emmanuel reconnait qu'il était au courant « qu’il voyait quelqu’un ». Quant aux problèmes conjugaux : « Dans son couple, il y a sûrement eu des dissensions. Mais Xavier n’a jamais eu de haine, affirme-t-il. La dernière fois que je l’ai vu avec Agnès, c’était le 11 mars au restaurant. On était une dizaine pour fêter mon anniversaire. Ils étaient tout à fait normaux. » 

« La dernière fois [que j’ai vu Xavier], c’était le 1er avril, au stand de tir. Il m’a semblé tout à fait normal. Le 6 avril, il m’a envoyé un SMS : "Merde. Pb de chargeur. Suis en route mais plus de pile. À demain au tél. Ou sur mail plus tard. Kiss". Cela provenait de son téléphone. Mais je n’ai pas reconnu son langage. Quelqu’un d’autre a pu envoyer ce message. D’ailleurs, je l’ai fait lire à la PJ. Le 9 avril, certains des enfants devaient faire leur baptême de tir. Je le leur avais offert. Mais peu de temps avant, Xavier m’a demandé de prévenir l’instructeur : "Tu m’excuseras auprès de lui, on ne pourra pas venir le 9". » 

En outre, le fait que le fugitif ait séjourné, après l'assassinat présumé, dans un hôtel de luxe ne constitue pas une preuve selon lui. « Le fait que Xavier descende dans un 5-étoiles n’a rien d’anormal, cela faisait partie de son travail auprès des grands hôtels. Ensuite, sa décontraction peut témoigner du fait qu’il était soulagé, qu’il croyait avoir mis sa famille à l’abri. On en revient à la thèse d’une infiltration dans le 'milieu'. Xavier a toujours été absolument hostile à la drogue. » 

Les souvenirs fusent et continuent d'accroître le doute en lui : « Il me revient quelque chose, ajoute-t-il à la fin de l'interview. Mon filleul Thomas me donnait souvent un coup de main en échange d’un peu d’argent de poche. Quelques jours avant leur disparition, Xavier m’a demandé si, cette fois, ce pouvait être son fils Arthur, qui en avait aussi besoin. Est-ce qu’un père qui s’apprête à éliminer ses enfants se préoccupe de leur argent de poche ? », s'interroge-t-il.

« La police judiciaire m’a beaucoup interrogé en tant que témoin majeur. Je me suis plongé dans les annales de la police. Il y a déjà eu des massacres de familles : les Flactif, les Romand… Mais mon ami n’est pas un mythomane. » 

Concernant les menaces pesant sur la famille dont Agnès aurait fait part à quelques amies : « Je n’étais pas au courant mais c’est possible. Moi, j’étais surtout ami avec son mari. » 

Mais Xavier Ronsin, le procureur de la République de Nantes, reste pour sa part sur son idée : « Je comprends la douleur et le désarroi de la mère et de la sœur », déclare-t-il au JDD. « J’admets aussi que ces cinq assassinats puissent entraîner chez elles un état de confusion psychologique et un déni de la réalité. Il y a bien des gens qui pensent encore que le 11-Septembre n’a jamais existé… Mais sur les récentes pseudo-révélations, je rappelle qu’il n’existe qu’un seul dossier. Des femmes qui étaient des amies d’Agnès l’ont vue tracassée. Mais entre être inquiète parce qu’il y a des dettes ou que son couple va mal et des menaces de mort, il y a un pas énorme. » 

Ces menaces figurent pourtant au dossier, sur deux procès-verbaux concordants : à la demande de Maître Goldenstein, le juge d’instruction a réentendu les témoins. 

D’après Le JDD – Marie Quenet, 15 octobre 2011 
et Paris-Match – M.D., 16 octobre 2011 


A la lecture de cette page, réalisée à partir d'articles réactualisés en novembre 2012, Emmanuel nous donne sa pleine approbation.


Merci à Emmanuel pour cette photo de 1982





Lire aussi : MENACES et CHRONOLOGIE succincte.

Sur la véritable personnalité de Xavier : 
"Le vrai Xavier - 1", "le vrai xavier - 2", "le vrai Xavier - 3", "le vrai Xavier - 4", "le vrai Xavier - 5".


Publié le 9 novembre 2012, anniversaire d'Agnès.

MENACES



Xavier et Agnès avaient reçu des menaces.
Quoi d'invraisemblable, dans le cadre d'une collaboration policière ?


Témoignages d'amies d'Agnès :


1 · « J'ai vu Agnès pour la dernière fois le 31 mars 2011. Elle nous a quitté rapidement ce jour-là, car elle n'était pas bien, elle semblait très préoccupée […].
A cette occasion je me souviens qu'Agnès nous avait fait part de craintes, et qu'elle se sentait menacée. Elle nous demandait de prier pour elle-même et pour toute sa famille. Elle nous recommandait de prier surtout pour Xavier car elle craignait pour lui. Vous dire pourquoi je ne le saurais, j'ai dans un premier temps pensé qu'il rencontrait des difficultés professionnelles. Agnès nous fait ces confidences depuis plusieurs mois. Je signale que ces craintes qu'elle avait semblaient être plus vives depuis deux à trois mois. […]
Je signale qu'Agnès a changé au cours de ces deux derniers mois son adresse électronique ainsi que son numéro de téléphone portable. De mémoire, elle avait fait cela car elle se sentait toujours sous le coup de ces menaces, menaces qu'elle ne précisait jamais véritablement et que je ne pourrais vous identifier. On avait l'impression qu'elle souhaitait couper les ponts avec quelque chose ou bien quelqu'un. »

2 · « Nous avons échangé [...] pour la dernière fois le 31 mars 2011 [...]. Lors de cette dernière réunion, j'ai trouvé Agnès très anxieuse, elle avait "un poids sur le cœur", et elle a évoqué des menaces la concernant ainsi que son mari Xavier. Agnès a quitté rapidement l'assemblée ce jour-là. […]
Véritablement elle craignait pour son mari Xavier, en parlant de "lourdes menaces". La famille d'Agnès me paraissait soudée, unie avec Agnès comme une maman aimante. » 


Interview de Geneviève Dupont de Ligonnès sur RTL, le 12 octobre 2011 :


« Pour commencer j’aimerais dire que je crois fermement en l’innocence de mon fils, je ne reviendrai pas là-dessus, j’ai la ferme conviction qu’il est innocent. Il y a beaucoup de chose qui viennent me confirmer cette conviction, et la rendent absolument inébranlable. Mon fils n’est pas responsable de cette chose horrible [c.à.d. cette sinistre affaire], il n’a aucun motif. Ça ne correspond absolument pas à sa personne il aime énormément ses enfants et il est très attaché à sa femme et à sa famille par conséquent je ne vois aucune raison pour qu’il ait commis une chose pareille.
J’ai quand même découvert dans le dossier qu’il y avait eu de graves menaces contre la famille, ma belle-fille en était très inquiète, elle s’en est ouverte auprès de quelques amis, il y avait de "lourdes menaces", que l’on peut traduire par menaces de mort, qui se sont intensifiées à tel point qu’elle a dû changer de numéro de téléphone, changer son adresse internet...
Et c’est suffisant pour éclairer d’un éclairage nouveau la lettre qui a été envoyée aux amis et surtout, j’en ai reçu une et ma fille également, personnelle que j’ai parfaitement reconnue comme étant de Xavier. »


Démenti du procureur de la république de Nantes, M. Xavier Ronsin, le 12 octobre 2011 :


« De nouvelles allégations fantaisistes rapportées récemment par certains médias qui n'ont pas pris la précaution avant de les diffuser d'interroger l'autorité judiciaire, m'obligent à apporter les précisions suivantes :

S'il peut être humainement compréhensible que la parentèle de Xavier Dupont de Ligonnès ne veuille pas admettre le caractère pourtant incontestable des multiples éléments objectifs du dossier établi par la police judiciaire de Nantes, qu'elle reste convaincue de son innocence et espère qu'il soit toujours vivant, pour autant il est totalement inexact d'affirmer, comme la mère de l'intéressé le soutiendrait :

« J'ai quand même découvert dans le dossier qu'il y avait eu de graves menaces contre la famille [...]. Il y avait de "lourdes menaces", que l'on peut traduire par menaces de mort, qui se sont intensifiées à tel point [que ma belle-fille] a dû changer de numéro de téléphone, changer son adresse Internet »

Rien dans le dossier d'instruction détenu par le magistrat instructeur M. Robert Tchalian et la police judiciaire de Nantes ne permet d'étayer cette affabulation de "graves menaces" voire de "menaces de mort intensifiées" [...]. »


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Étonnant démenti de la part du procureur M. Xavier Ronsin : pourquoi une réaction aussi vive, disproportionnée, diffamatoire - et surtout gravement inexacte - alors que la notion de menaces revient cinq fois, sur deux procès-verbaux concordants ?
Serait-on en présence d'un phénomène de déni ?

A la demande de notre avocat, les deux amies d'Agnès ont été ré-entendues, séparément, par le juge d'instruction en janvier 2012, après neuf mois de lavage de cerveau médiatique :

1 · La première s'est rétractée : selon elle, Agnès craignait sa belle-mère. Elle se dit très surprise de relire ce qu'elle a déclaré neuf mois plus tôt à la police au sujet des menaces.

2 · L'autre, en revanche, celle qui avait évoqué de "lourdes menaces", maintient cette notion de menaces : elle précise que cela n'est arrivé qu'une fois, au cours de la dernière réunion à laquelle elle a participé, le 31 mars 2011. Selon elle, Agnès a demandé de prier pour elle car elle ou sa famille avait reçu des menaces : « A la réflexion, il me semble qu'elle a parlé d'elle et de son mari. Elle n'a pas apporté d'autres précisions quant à ces menaces. On ne l'a pas questionnée. De plus, elle est partie très rapidement étant très pressée ce jour-là. » Elle précise encore que c'était la première et unique fois qu'Agnès faisait état de menaces.
A posteriori cette amie d'Agnès a aussi réinterprété les menaces reçues comme une crainte d'Agnès envers sa belle-mère.

Pour nous intimes, qui connaissons bien leurs relations, cette interprétation n'est pas fondée.
Certes il y avait des opinions religieuses différentes entre elles, depuis de nombreuses années, mais aucun prosélytisme ni chantage affectif. Aucune espèce de tension. Un modus vivendi courtois s'était établi d'un commun accord.
Agnès avait accepté à plusieurs reprises une aide financière de sa belle-mère (chèques endossés par Agnès, et figurant au dossier), et ce sur plusieurs années, jusqu'en janvier 2011 compris ; aide financière pour laquelle elle avait chaleureusement remercié directement, en texto, et lors de sa dernière visite à Versailles avec Xavier, Anne et Benoît, début 2011.
A titre d'anecdote, Agnès faisait suivre à Christine, par sms, des offres promotionnelles sur produits de beauté, ou forfaits de téléphonie, par exemple... L'aurait-elle fait si Christine était réellement sa bête noire ?

L'opposition belle-mère / belle-fille n'est qu'un mythe de plus dans cette affaire, selon le principe du bouc émissaire bien commode.


Témoignage d'une troisième amie d'Agnès :

Il ne manque pas d'intérêt :

« Habituellement Agnès nous demandait de prier pour son mari qu'elle souhaitait plus proche de la religion et également pour sa belle-mère et sa belle-soeur qui selon elle faisaient partie d'une secte. Je précise néanmoins qu'Agnès ne m'a pas donné l'impression de craindre quoi que ce soit de cette secte dont j'ignore tout. […] C'est Agnès qui citait le mot de secte quant à moi je serai prudente, j'ignore s'il s'agit vraiment d'une secte. Je ne peux rien vous dire de plus. »


Interview de Geneviève Dupont de Ligonnès sur RTL, le 12 octobre 2011 :

On a beaucoup parlé de la foi de Xavier... c’était quelqu’un de très croyant ?
« Il avait de très bonnes bases, il a été élevé dans une famille catholique. De mon côté ce grand départ [exfiltration familiale], ce traumatisme, tout ça je le supporte grâce à ma foi. »

En tout cas vous rejetez les assimilations à groupe sectaire...
« Oui, ça non seulement je rejette mais je trouve que c’est complètement ridicule. Il n'y a pas l’ombre d’une secte ni d’un groupe de prière, personne ne vient chez moi se rassembler pour faire des prières... Non ça ne correspond pas du tout du tout à mon profil. »


Recoupement personnel:


Nous avons eu l'occasion de parler de vive voix avec une quatrième amie d'Agnès.
Elle nous a confié que la dernière fois qu'elle l'avait vue à l'extérieur, le dimanche 3 avril, Agnès était préoccupée, et s’était retournée plusieurs fois pour regarder derrière elle, comme si elle craignait quelque chose.




Déclaration de M. Xavier Ronsin au Journal du Dimanche :


« Je comprends la douleur et le désarroi de la mère et de la sœur », déclare-t-il au JDD. « J’admets aussi que ces cinq assassinats puissent entraîner chez elles un état de confusion psychologique et un déni de la réalité. Il y a bien des gens qui pensent encore que le 11-Septembre n’a jamais existé… Mais sur les récentes pseudo-révélations, je rappelle qu’il n’existe qu’un seul dossier. Des femmes qui étaient des amies d’Agnès l’ont vue tracassée. Mais entre être inquiète parce qu’il y a des dettes ou que son couple va mal et des menaces de mort, il y a un pas énorme. »
JDD - Marie Quenet - 15 octobre 2011

Il faut donc croire que M. Xavier Ronsin n'a pas beaucoup parcouru le dossier : les menaces se retrouvent bien dans les témoignages des amies d'Agnès, menaces qui concernaient Xavier et Agnès. Selon ses amies, l'inquiétude d'Agnès était liée à ces menaces reçues, et non pas aux dettes d'argent ou aux problèmes de couple.


Conclusion :


Nous persistons.
Une bonne dose de mythes dans cette affaire, certes...
En revanche, mises en perspective avec la lettre de Xavier et Agnès, les menaces reçues, à nos yeux, n'ont rien d'un mythe.


Lire aussi la CHRONOLOGIE succincte.

Mis à jour le 23 février 2013

jeudi 8 novembre 2012

Le vrai Xavier - 2




Contrairement à l’image créée de toutes pièces par certains médias, le vrai Xavier ne correspond pas au personnage narcissique, mythomane, très soucieux de son apparence vis-à-vis des siens, etc…, qui a été véhiculé à l’envi depuis dix-huit mois. 

Le dossier ne nous a rien dévoilé que nous ne sachions déjà, en tant que proches, amis ou intimes. Aucune façade narcissique. Aucune comparaison possible avec un Romand, par exemple. En revanche, une constante du dossier est l’éloge convergent que font de lui les personnes le connaissant à un titre ou un autre ; et leur surprise systématique devant les faits qu’on lui impute, et qui sont aux antipodes de sa personnalité. 


Pour nous ses proches, qui l’avons toujours connu serviable et attentionné, discret autant que sociable, Xavier se reconnait de façon remarquable dans le profil psychologique de l’hypophysaire, tel que décrit par le Docteur Jean Gautier : 

[…] Il est exact, ponctuel, traditionnaliste. Sa parole est aisée et abondante. Il est sobre de geste. Il dit vrai et ne veut pas convaincre par la mimique mais par des raisonnements. Il est comme concentré dans sa pensée, qui est profonde, et se déroule de façon logique. Ses idées se déduisent les unes des autres. Sa déduction est nette, claire, précise. Il ne se perd pas dans les détails. Les idées importantes et de valeur dominent son esprit. Il considère rarement le côté artistique des choses, qui a pour lui peu d’intérêt. Sa mémoire est excellente et fidèle. Il réfléchit longuement ; il envisage les problèmes avec sang-froid et résolution, prend sa décision et va vers son but. Les chiffres, les abstractions, les connaissances scientifiques solides et réelles constituent le fond de son intellect. Dans ses acquis, il y a de l’ordre et de la méthode. Il juge beaucoup mieux des abstractions que des êtres qui, par leur variété et leur variabilité, le déconcertent. Il n’est pas très bon psychologue, manquant un peu d’imagination et de sensibilité. Il est bien ancré dans ses convictions et dans ses idées qu’il défend avec opiniâtreté. Sa vie est généralement exempte d’aventures sentimentales ; il est plutôt constant et fidèle dans ses affections. Il a des amis pour lesquels il est excellent camarade et qu’il aide. Il n’est ni trop individualiste, ni trop personnel […]. Il ne se livre qu’à demi. Il est un peu froid, concentré en lui-même, peu liant, mais assez confiant dans les gens qu’il connaît bien. Il a le sens de l’honneur et du devoir

Il est ordonné, méthodique, aime le confort. Il apprécie les choses pour le bien-être qu’elles lui donnent, plus que pour leur beauté, cependant, il est collectionneur, plus pour la valeur et la rareté des objets que par compilation. Il est traditionnaliste et en même temps libéral. Il n’aime pas qu’on le contraigne, ne veut pas contraindre les autres, mais les persuader, car il les respecte. Il ne s’enthousiasme pas facilement, juge assez froidement de tout et avec une certaine lenteur. 

Il est entreprenant, audacieux, très consciencieux dans son travail. Il réfléchit longuement avant d’agir, mûrit son idée avec ténacité ; il y emploie toutes ses énergies jusqu’au succès. S’il échoue, il recommence, car il ne se laisse pas abattre facilement. L’hypophysaire a des qualités réelles et profondes […]. 

( D’après l’œuvre du Dr Jean Gautier ; en particulier son ouvrage :
« Dernières et nouvelles connaissances sur l’homme », Éditions Bière, 1948. )

« L'heure du crime... »


Mis à jour le 2 avril 2013


Sur internet, nous pouvons lire ceci : 

« …L'heure du crime est connue avec une relative exactitude, car Agnès souffrait d'apnée du sommeil : elle portait un appareil pendant la nuit et celui-ci a enregistré une activité anormale vers 3h du matin… D'après les enquêteurs, cela correspondrait à l'arrachage du masque… » 

Ou l'art de gonfler des baudruches.

Pour simple information, un appareil d’oxymétrie n’est pas un appareil d’occimétrie… 

Sur la base des données fournies par ce même appareil, et avec le type de raisonnement appliqué plus haut, il faudrait tirer comme conclusions que la semaine précédente, déjà, Agnès aurait été assassinée à plusieurs reprises, en pleine nuit, et jusqu’à deux fois au cours de la même nuit : au conditionnel, et avec toutes les précautions oratoires requises, bien sûr !

Les enquêteurs ont bon dos…

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Plus sérieusement, l'investigation a montré qu'Agnès ne se servait pas de cet appareil toutes les nuits ; le stoppait souvent avant la fin de la nuit. Et parfois ne l'utilisait que quelques heures.

De plus, si l'on réfléchit un tant soit peu sur le sujet, de deux choses l'une : ou bien on laisse en place le masque de l'appareil respiratoire au risque de le marquer de sang, voire de le détériorer, et dans ce cas on supprime tout et on ne s'avise pas de demander à ses amis de s'en occuper : « ...voici les différents dossiers pour les résiliations. Les deux plus embêtants sont Bouygues et la machine "anti-apnées du sommeil", car il faut demander comment rendre le matériel. » ; ou bien on retire le masque et on réveille la personne.

Il serait nettement préférable que les personnes qui ont le goût du sensationnel, mais qui n’ont pas accès légalement aux informations fiables du dossier, évitent de créer des rumeurs infondées, en propageant des erreurs aussi grossières. 

Par simple prudence élémentaire. 

A bon entendeur, salutations.


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Nota bene :

De notre place, ayant connaissance des témoignages convergents prouvant qu'Agnès est bien en vie après le 4 avril (au moins huit personnes), affirmer qu'elle soit morte la nuit du 3 au 4, comme d'aucuns le font (par ignorance du sujet), relèverait du négationnisme : ce dont nous ne voudrions en aucun cas nous rendre coupables.

Lire aussi la CHRONOLOGIE succincte.


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L’heure du crime


Minuit. Voici l’heure du crime.
Sortant d’une chambre voisine,
Un homme surgit dans le noir.

Il ôte ses souliers,
S’approche de l’armoire
Sur la pointe des pieds
Et saisit un couteau

Dont l’acier luit, bien aiguisé.
Puis, masquant ses yeux de fouine
Avec un pan de son manteau,
Il pénètre dans la cuisine

Et, d’un seul coup, comme un bourreau
Avant que ne crie la victime,
Ouvre le coeur d’un artichaut.

Maurice Carême







Cuisine, en l'état, fin mars 2012.
Sous la table, la nappe qui apparaît dans les PV comme recouvrant la table,
 lors des dernières visites domiciliaires.